La Légion d’honneur pour Clyde Harger, vétéran de la "Poche de Colmar" [en]

Mercredi dernier, le Consul général de France a remis les insignes de la Légion d’honneur à Tommy Harger, au nom de son père Clyde Harger, un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale qui a combattu en Alsace lors du terrible hiver 1944/45.

Revenons un moment sur le parcours de Clyde Harger à travers l’Europe, des Ardennes jusqu’à Berlin, en pleine Deuxième Guerre mondiale…

JPEG
JPEG

M. Harger a débarqué à Marseille en décembre 1944 pour rejoindre Haguenau en Alsace où il s’entraîna avec ses camarades avant de protéger le flanc est de la Septième Armée le long du Rhin sous le nom de Task Force Harris. La 3ème Division d’infanterie, à laquelle appartenait M. Harger, était rattachée à la Première Armée Française, commandée par le maréchal de Lattre de Tassigny.
Ils furent engagés dans l’une des plus féroces batailles de la campagne de Rhénanie, plus connue sous le nom de « Poche de Colmar ».

Après la prise de Strasbourg par la 2e Division blindée (2ème DB) du Général Leclerc, toute l’attention des Alliés était désormais sur la « poche de Colmar ». Il s’agissait d’un saillant qui plongeait dans les lignes alliées à environ 30 km au sud de Strasbourg jusqu’à Rosenau, au sud de Mulhouse, sous le contrôle de la 19ème Armée allemande composée de près de 50 000 soldats.

JPEG
JPEG
JPEG

Cet épisode de la Deuxième Guerre mondiale fut particulièrement mémorable pour ses conditions météorologiques très rudes.

L’hiver 1944-1945 est exceptionnellement froid pour le nord-ouest européen. Dans son Histoire de la première armée française, le Général de Lattre qualifia le climat alsacien de "sibérien", avec des températures pouvant atteindre -20 ° C, des vents violents et un manteau neigeux de plus d’un mètre d’épaisseur.
La plaine alsacienne est extraordinairement plate et n’offre pratiquement aucune couverture à un attaquant, hormis quelques forêts occasionnelles. La plaine est également un colossal bassin versant pour le Rhin et est par conséquent coupée par beaucoup de rivières et de canaux de drainage avec des berges aménagées, les rendant difficilement franchissables à gué par des véhicules.
D’autre part, la plaine est parsemée de petits villages composés de maisons robustes dont la construction sur plusieurs étages offre aux troupes allemandes une bonne vue du champ de bataille. Lorsque les troupes alliées attaquèrent, elles furent donc gênées par un climat effroyable et furent fortement exposées aux feux défensifs des Allemands.

L’artillerie française était positionnée sur le Rhin, à quelques kilomètres de Bâle. Celle-ci pilonna les positions allemandes à Baden, sur la rive est du fleuve.

Les chantiers ferroviaires furent démolis et le trafic interrompu avec la Suisse. Les incendies commencèrent à se propager dans la Forêt-Noire.
Les ferries sur le Rhin ayant été détruits, les unités allemandes bloquées sur la rive ouest durent se réfugier en Suisse. Le 29 novembre, la 2e DB du général Leclerc pris Erstein, à 15 km au sud-ouest de Strasbourg. Les positions de la dix-neuvième Armée allemande cèdent et les Alliés purent resserrer leurs lignes autour de la poche de Colmar, de Sélestat à Thann.

La 1ère Armée française est désormais à 6 km de Colmar.
Le 7 décembre 1944, De Lattre envoie la 1ère Armée française mener une offensive contre les positions allemandes de la ville.
Le 27 janvier, des unités de la 5ème DB française et de la 3ème DI américaine prennent Jebsheim, à l’est de Colmar, et atteignent le canal. Le 1er corps du Général Bethouart pénètre dans la poche par le sud et le 2e corps du Général de Montsabert par le nord.

Le 2 février, Colmar est libéré.
Le 3, le commandement allemand ordonne l’évacuation de la poche. Le 9 février 1945, De Lattre envoie ce communiqué : "Au 21ème jour d’une bataille acharnée au cours de laquelle les troupes américaines et françaises rivalisèrent d’ardeur, de ténacité et de sens l’action, l’ennemi fut chassé de la plaine d’Alsace et dû retourner avers le Rhin".

JPEG

Pour la quatrième fois en 75 ans, la province d’Alsace avait changé de mains entre la France et l’Allemagne.
Après la bataille, la France honora la 3e division d’infanterie U.S. de la Croix de Guerre, et le président des États-Unis lui octroya la Distinguished Unit Citation. La France distingua également le 109e régiment d’infanterie U.S. (28e Division) avec la Croix de Guerre.

Aujourd’hui, de nombreuses rues en Alsace portent les noms des commandants alliés et des unités qui se sont battues lors de la bataille. Des cimetières militaires français et américains se trouvent également dans la région.

JPEG

Dernière modification : 25/09/2019

Haut de page