Haiti : Paintings from Paradise [en]

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L’exposition

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Glenn and Yvonne Stokes Collection, Michel Obin, “Village”

A l’occasion de la 30ème édition du Festival international de Louisiane, l’exposition "Haiti : Paintings from Paradise" aura lieu jusqu’au 30 avril 2016 au Acadiana Center for the Arts.

M. Herman Mhire, conservateur de l’exposition, a proposé cette collection d’une centaine de peintures à l’occasion de la 30ème édition du Festival international de Louisiane au printemps 2016.

Ces peintures vibrantes servent comme un témoignage de l’esprit, le courage et la persévérance du peuple d’Haïti. Cette exposition exceptionnelle marque le retour des arts visuels sur le programme des festivités du Festival International.

M. Mhire est le président fondateur du Festival international de Louisiane. Il a servi en tant que directeur et conservateur principal au musée d’art universitaire Paul & Lulu Hilliard. Il a été aussi professeur d’art et design à l’Université de Louisiane à Lafayette, avant de prendre sa retraite en 2005. Il est maintenant le directeur de l’Association des Musées de la Louisiane et du musée universitaire. M. Mhire a été membre de plusieurs conseils d’administration et a reçu de nombreux prix pour son travail artistique et ses contributions à la communauté.

Pour plus d’infos sur l’exposition, visitez le site web du Acadiana Center for the Arts.

Photos et articles : M. Herman Mhire

L’art d’Haïti

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Glenn and Yvonne Stokes Collection, Wilson Bigaud, “Noah’s Ark"

L’Art à Haïti existait avant l’arrivée de Colomb. Les indiens Taïnos / Arawaks avaient des peintures sur les murs de leurs huttes, de leurs grottes et sur leurs corps. Dès 1807, Henri Christophe, un des pères-fondateurs d’Haïti, encouragea le développement des arts dans la république nouvellement indépendante. Christophe, qui s’était couronné Roi Henri 1er en 1811, avait une grande estime pour la culture, et une passion pour faire des « haïtiens le peuple le plus civilisé, le plus instruit et créatif de la terre ». En 1816, le Président Alexandre Pétion aida des artistes français à fonder une école d’art à Port-au-Prince.

Durant le règne du Roi Christophe, au début des années 1800, plusieurs artistes anglais avaient enseigné à l’académie royale de Milot. Dans les années 1820, des artistes français ont été invités à soutenir et former des artistes haïtiens. Le début des académies d’art à la française dans le pays a commencé par une école d’art à Port-au- Prince. Les artistes formés dans ces académies ont été souvent chargés de peindre et décorer les bâtiments publics et les maisons des riches citoyens.

L’arrivée d’un Américain appelé Dewitt Peters en 1943 marqua le début d’une véritable révolution des arts haïtiens. Peters avait été envoyé par l’agence fédérale de sécurité des États-Unis en 1943 pour enseigner l’anglais aux haïtiens au lycée public de Port-au-Prince. Affecté en temps de guerre en tant qu’aquarelliste, il voulait ouvrir un centre pour superviser le développement authentique des artistes haïtiens. Le 14 mai 1944, le Centre d’Art était inauguré à Port-au-Prince.

Des artistes talentueux, mais jusque là inconnus, tels que Hector Hyppolite, Philome Obin, Rigaud Benoit, ou Castera Bazile travaillaient avec Peters. Hyppolite, un prêtre dans la religion vaudou, peignait des fleurs avec une brosse de plumes de poulet sur les portes de sa communauté locale de Saint-Marc et de Montrouit est maintenant considéré comme le père de l’école du Sud d’art haïtien. Obin était déjà connu pour les peintures de scènes religieuses et de l’occupation par la Marine des États-Unis. Il a plus tard fondé l’école du Nord de peinture. Benoit était plus intéressé à illustrer des scènes de la vie haïtienne. L’ouverture du Centre D’art en 1944 a permis aux artistes haïtiens d’aborder des questions contemporaines.

Les premiers peintres à avoir travaillé avec Peters sont connus comme artistes de « première génération », tels Hippolyte, Obin et Benoit. Leur sortie de l’ombre a encouragé de plus jeunes artistes tels que Wilson Bigaud, Enguerrand Gourgue, Micius Stéphane et Toussaint Auguste.

Bien avant Dewitt Peters, l’art jouait un rôle primordial dans la culture haïtienne. Les murs des temples vaudous étaient couverts de peintures murales raffinées dépeignant l’Iwa ou les esprits sacrés du vaudou. Avec l’augmentation du tourisme, le riche héritage pictural des temples s’est facilement traduit dans la peinture sur chevalet.

Les sujets de la peinture haïtienne varient considérablement : de la flore ou de la faune, des scènes de la vie quotidienne urbaine, des intérieurs domestiques ou de la place du marché, à la pêche ou à la récolte de la canne à sucre (Wilson Bigaud, Laurent Casimir, Michel Obin, T. Bussimus, C. V. Benoit, J. David Siede, Gérard Fortune, ou Petion Savain) ; de l’imagerie animalière ou botanique (Paul Nemours, Rodrigue Mervilus, Gesner Abélard, Sisson Blanchard, St Pierre Toussaint), de la politique, de l’État (Gervais Emmanuel Ducasse, Augustin Pierre, Jacques Cherry) et des thèmes bibliques (Bourmond Byron) au vaudou et au métaphysique (Gérard Valcin, Bernard Wah, Félix Jean, Barbara Prézeau).

La tradition de la peinture haïtienne est complexe, reflétant des influences africaines et européennes, et s’exprimant dans une grande variété de styles, du naïf/autodidacte
à l’académisme ou à l’abstrait. Ce qui est vraiment remarquable avec Haïti c’est le régal visuel produit par une nation de peintres dans le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. La langue de cette île-nation, manquant d’une tradition culturelle écrite, c’est l’art, droit dans la poésie, sans passer par la prose.

Ce qui est peut-être le plus saisissant dans la tradition picturale d’Haïti, brute ou sacrée, c’est sa capacité à dépasser la tragédie pour susciter l’optimisme.

Haïti : Aperçu historique

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Glenn and Yvonne Stokes Collection, Rodrigue Mervilus, “Butterflies"

Situé sur l’île d’Hispaniola, dans la mer des Caraïbes, Haïti occupe l’extrémité occidentale de l’île, la République Dominicaine occupant l’extrémité orientale. Tandis qu’Haïti est principalement peuplé d’une population Afro-Caribéenne en relation avec le colonialisme français, la République Dominicaine est composée d’une population Afro-Européenne profondément influencée par le colonialisme espagnol. Comparable par la taille à l’état du Maryland aux États-Unis, soit environ 27.750 km², Haïti a une population d’environ 11.000.000 habitants.

Avant que Christophe Colomb ne débarque sur l’île le 6 décembre 1492, lors de son deuxième débarquement au « nouveau monde », il y avait une grande population d’indiens Taïnos / Arawaks qui vivaient sur l’île dans une paix relative. Malheureusement ils étaient vulnérables aux maladies européennes et vont disparaitre de l’île au milieu du 17e siècle.

En 1697, le Traité de Ryswick va diviser l’île entre la partie orientale, Santo Domingo, et la partie occidentale, Saint Domingue, où les esclaves cultivaient la canne à sucre, le café, l’indigo, le coton, le tabac et beaucoup d’épices exotiques qui étaient fortement demandés en Europe et en Asie. Les planteurs produisaient mais avaient interdiction de traiter les récoltes dans la colonie elle-même. Les marchandises étaient expédiées en France et, de là, traitées.

Les négociants français, depuis leurs usines de transformation, vont s’étendre à la totalité de l’Europe et à côté, en Asie, créant une économie florissante pour la France. Une autre énorme partie de cette économie sera le commerce des esclaves eux-mêmes.

L’esprit de la révolution française s’est fait sentir à Haïti. Il y avait eu beaucoup de révoltes d’esclaves et de tentatives de changements sociaux, mais la fin de la domination française arriva en août 1791, avec un soulèvement qui était plus lié aux droits des personnes libres de couleur qu’à la liberté des esclaves. Le 1er janvier 1804, la nation d’Haïti était proclamée.

Le succès de la révolution haïtienne va coïncider avec les révolutions françaises et américaines, une ère qui va donner naissance à la démocratie effective. L’Europe et les États-Unis vont refuser de reconnaitre l’indépendance haïtienne, vont boycotter les relations commerciales avec Haïti, et vont rendre pratiquement impossible le développement de la démocratie à Haïti. La révolution industrielle et les révolutions démocratiques oublieront Haïti.

Des années 1840 à 1915, diverses factions de l’élite vont chacune soutenir un « président » et, sous la protection de ce gouvernement particulier, la faction de l’élite au pouvoir va piller la trésorerie d’Haïti. Après un certain temps, une faction différente de l’élite, le plus souvent financée par des capitaux étrangers, va lever une armée, marcher sur Port-au-Prince et pousser le gouvernement en exercice à l’exil. La nouvelle faction va puiser à son tour dans la bourse de la trésorerie d’Haïti et le cycle va continuer.

Pour défendre les intérêts financiers américains face au risque d’anarchie à Haïti, les États-Unis occupent le pays en juin 1915 et restent aux commandes jusqu’en 1934, gardant le contrôle financier et politique longtemps après la fin de l’occupation officielle.
De 1957 à 1986, Haïti va être sous la domination de la famille Duvalier - François Duvalier (Papa Doc, de 1957 à1971) et son fils, Jean-Claude Duvalier (Bébé Doc, de 1971 à 1986).

Ce sera une période de dictature et de suppression de la plupart des libertés fondamentales à Haïti, en particulier celle d’avoir une opposition politique.
En 1986, un soulèvement du peuple haïtien va forcer le président Jean-Claude Duvalier à fuir le pays. Haïti va ensuite subir une période de lutte pour le contrôle du pays et il en résultera de l’instabilité politique et sociale.

Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre dévastateur laisse 220.000 morts, 300.000 blessés, et 1,5 million de personnes déplacées. 13,5 milliards de dollars en dons et promesses de dons, en provenance de pays et d’organisations caritatives du monde entier, vont ultérieurement se déverser sur Haïti.

Nation dans le désarroi et le désordre, Haïti a longtemps été l’un des pays les plus pauvres de l’hémisphère occidental, et le tremblement de terre a détruit bien des entreprises sur lesquelles les ouvriers comptaient. En dépit de ceci, beaucoup continuent à lutter pour une réforme populiste.

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Dernière modification : 12/04/2016

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